AGENDA MILITANT

Médias :    

Romain Mathieu, porte-parole du PG, sera l'invité de Radio Gué Mozo le vendredi 17 août à 18h. Il y débattra de l'actualité de la gauche avec Jean-François Fleck (Les Verts), Hugues Laine (PS) et Serge Ragot (PCF) notamment.

Vie du PG

14 juin 2009 : Conseil National du PG, Bagnolet


PG Vosges

Campagne d'affichage  "La Gauche ne se relèvera pas sans toi !" et  "Casse-toi pauv'con !"
Campagne de tracts "Après le 7 juin"

Matériel - disponible
: tracts et affiches pour faire connaître la démarche du PG, autocollants du PG - vos demandes sont les bienvenues ! Il est possible de retirer des tracts concernant la casse du service public d'éducation, sachant que c'est un 4 pages en A4, donc pour des raisons d'économies il sera peut-être nécessaire de le transformer en 4 pages format A5, mais c'est faisable. Des tracts peuvent êtres tirés également au sujet de la réforme Pécresse, de la justice, et de la situation économique...


Contact
:
 Parti de Gauche Vosges   =   lepartidegauche88@gmail.com 

Mercredi 11 février 2009






Communiqué du Parti de Gauche

Nicolas Sarkozy a fait ce 10 février une visite officielle en Irak. Pourquoi ? Cet acte qu'il qualifie lui-même « d'historique » est d'abord une réponse à la demande des Etats-Unis. Le Parti de Gauche rappelle que Barack Obama avait certes promis de retirer les troupes US d'Irak, mais avait également  mis en avant l'obtention, par lui, d'une promesse par les français de se réengager à leur tour.


La visite aux autorités Irakiennes est également un acte de reniement.  Pour Nicolas Sarkozy, c'est une façon de tourner la page de l'opposition de la France à l'invasion d'Irak, et de renoncer à toute forme de critique de cette invasion qui, faut-il le rappeler, est illégale au regard du droit international, et qui a suscité une large réprobation de la part de nos compatriotes.


Nicolas Sarkozy a justifié sa visite par l'intérêt économique que représentait l'Irak pour les entreprises françaises, ce qui est indigne d'un Chef d'Etat. Faut-il rappeler au Président de la France que l'Irak, au-delà d'être un Etat « solvable » et abritant de « grandes réserves de pétrole », est d'abord un pays meurtri par les conséquences de l'agression militaire américaine. Balayant cyniquement ceci d'un revers de la main, Nicolas Sarkozy souhaite que les multinationales françaises prennent désormais la place des multinationales amies de George Bush.

Cette attitude d'allégeance à la politique militaire américaine est choquante mais néanmoins en toute cohérence avec la décision d'intégrer la France le haut commandement militaire de l'OTAN.  Cette triste décision n'a pas fini de mobiliser contre elle, comme on le verra à Strasbourg le 4 avril prochain, lors de la grande mobilisation à laquelle le Parti de Gauche participera et contribue actuellement à organiser au sein d'un collectif initié par des partis et associations franco-allemandes.


Raquel Garrido
Secrétaire Nationale en charge des affaires internationales et européennes

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Mercredi 11 février 2009

Communiqué commun des Alternatifs et du Parti de Gauche


La crise du système capitaliste, l'urgence d'alternatives sociales, écologistes, démocratiques globales, la montée des colères populaires, exigent des réponses à la hauteur.


Le Parti de Gauche et les Alternatifs qui se sont rencontrés le 9 février ont affirmé de nouveau vouloir oeuvrer à l'unité des forces de la gauche de gauche et de l'écologie politique dans la rue et en soutien aux mobilisations, pour battre la droite et le Medef, contester l'hégémonie des socio-démocrates afin de changer radicalement les rapports de force à gauche, pour les élections européennes et dans la durée.

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Mercredi 11 février 2009


Communiqué commun du Parti Communiste Français et du Parti de Gauche


Marie-George Buffet pour le Parti Communiste Français et Jean-Luc Mélenchon pour le Parti de Gauche, comme les deux partis s'en étaient mis d'accord lors de leur dernière rencontre du 21 janvier, ont envoyé une demande conjointe de rencontre à plusieurs partis politiques afin de leur proposer de construire ensemble le Front de Gauche pour Changer d'Europe.


 

Paris, le 10 Février 2009

Chers camarades, Chères camarades,


Comme vous le savez, nous avons annoncé dans le dernier trimestre de l'année 2008, notre volonté commune de construire, à l'occasion des élections européennes,  une liste de large rassemblement des partis de gauche tout à la fois opposés au Traité de Lisbonne et posant la nécessité d'une autre construction européenne. Nous pensons que seule une telle liste est susceptible de répondre aux aspirations de toutes celles et tous ceux qui dans leurs engagements divers - syndicaux, associatifs, citoyens - luttent aujourd'hui contre les politiques libérales qui, en France et en Europe, sont à l'origine de la crise de ce système et des ravages qu'elle engendre dans les domaines sociaux économiques et culturels. 


Le 21 janvier nos deux partis se sont rencontrés et ont précisé l'offre politique qu'ils vous font. Nous souhaitons construire avec vous un « front de gauche pour changer d'Europe » Nous souhaitons une alliance allant  au-delà de deux partis et ouverte à l'engagement citoyen, associatif et syndical dans le respect des engagements de chacune et de chacun.


Notre projet peut permettre de retrouver l'élan populaire qui a permis la victoire du non au référendum sur le Traité Constitutionnel européen mais aussi d'ouvrir une perspective politique pour celles et ceux qui sont engagés actuellement dans le mouvement social puissant et diversifié dont la journée du 29 janvier a marqué un temps fort exceptionnel. Cette mobilisation historique témoigne de la résistance de notre peuple aux logiques capitalistes, nous avons tenus à manifester le soutien unitaire indispensable de la gauche à ce mouvement par des textes que nous avons signé ensemble. 


Comme nous l'avons dit dans un communiqué commun à la suite de notre rencontre du 21 janvier (pièce ci-joint), nous avons souhaité rencontrer conjointement tous les mouvements politiques que nous pensons susceptibles de fonder avec nous le Front de Gauche pour changer d'Europe. C'est pourquoi nous avons le plaisir de vous proposer une rencontre dans les jours à venir. Nous y viendrons avec des propositions : un texte d'orientation soumis à discussion et la proposition de constituer un Comité de liaison national regroupant l'ensemble des composantes des listes que nous présenterons.


En retour, nous sommes évidemment disposés à écouter toute  proposition de votre part. 

Nous devons aller vite, si vous en êtes d'accord, nous prendrons contact téléphoniquement pour convenir d'une date proche pour notre rencontre.


Recevez, chères camarades, chers camarades, nos salutations les meilleures.



Pour le PCF,

Marie-George Buffet



Pour le Parti de Gauche,

Jean-Luc Mélenchon

 

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Mercredi 11 février 2009

FRONT DE GAUCHE !!! FRONT DE GAUCHE !!!
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Mercredi 11 février 2009


29 mai 2005, victoire du Non au référendum sur le Traité constitutionnel européen.
29 janvier 2009, grèves et manifestations pour refuser de payer la facture de la crise.

Deux dates qui témoignent du rejet des politiques libérales et expriment les aspirations à une autre politique.

29 premières mesures face à la crise, pour répondre aux attentes populaires et ouvrir une autre voie.



La crise est là et frappe durement les classes populaires.


Il y a urgence à réagir. Si rien n'est fait cela va s'aggraver. Depuis l'automne, le chômage explose. De nombreuses entreprises - même en bonne santé - licencient, suppriment des missions d'intérim, recourent au chômage partiel pour préserver les profits des actionnaires. Les droits des chômeurs sont attaqués et le patronat pousse le cynisme jusqu'à demander une baisse de ses cotisations à l'Unedic. Les SDF sont toujours victimes de situations inacceptables. Les attaques contre la protection sociale et les services publics continuent. Le pouvoir d'achat se dégrade. La pauvreté concerne de plus en plus de travailleurs victimes des bas salaires et des emplois précaires ; et particulièrement des femmes qui subissent le temps partiel imposé. Les conditions de vie deviennent plus difficiles pour beaucoup de citoyens. Les perspectives d'avenir se dégradent.


En présentant ses vœux, le Président de la République, a appelé à de nouveaux « efforts » et annoncé la poursuite des « réformes » pour assurer la « compétitivité » de l'économie française. Traduisons : le pouvoir d'achat va baisser, les licenciements se multiplier, le démantèlement de la protection sociale et des services publics se poursuivre !  Elles sont loin les promesses du candidat qui voulait provoquer un « choc de confiance », aller « chercher la croissance avec les dents » et atteindre « le plein emploi en cinq ans ».


Une autre politique est possible !


Il n'y a pas de fatalité du chômage et de la précarité, pas plus que des bas salaires et de la pauvreté. De l'argent, il y en a, les gouvernements qui volent au secours des banques et du système financier à coup de centaines de milliards d'euros ou de dollars le démontrent chaque jour. En 2007, les profits réalisés par les entreprises françaises ont atteint 650 milliards d'euros. En 2008, Arcelor Mittal distribue 4 milliards d'euros à ses actionnaires, autant que l'année précédente. Le groupe Total réalise 13 milliards d'euros de bénéfice. Quant au « salaire » moyen des 50 premiers patrons, il est de 310 fois le SMIC. En dépit de la situation, des banques viennent d'annoncer des bénéfices pour 2008 : près de 3 milliards pour la BNP, 2 milliards pour la Société Générale, 1 milliard pour le Crédit Agricole par exemple ! On pourrait multiplier les exemples.


Il faut s'attaquer aux racines de la crise : un partage inégalitaire des richesses résultant de la recherche effrénée du profit maximum pour quelques-uns au détriment des salaires du plus grand nombre. Depuis trois décennies, les politiques libérales mises en œuvre par les gouvernements et le patronat ont cherché à augmenter les profits au détriment des salaires. Dans les entreprises, tous les moyens furent bon pour faire baisser le « coût du travail » comme ils disent : licenciements, précarité, flexibilité, gel des salaires. Et les gouvernements successifs y ont contribué avec des exonérations de cotisations sociales et la réduction des systèmes sociaux. La conséquence c'est une formidable modification de la répartition des richesses créées au bénéfice des détenteurs du capital et au détriment des travailleurs. La surexploitation du travail a permis la suraccumulation des profits : de 1983 à 2008, la part des travailleurs a été réduite de 71 % à 62 % de la valeur ajoutée créée par les entreprises ; soit plus de 170 milliards d'euros par ans transférés des salaires aux profits. Cela représente plus de 6500 euros par an (550 euros par mois) perdus par chaque travailleur. Cette logique a conduit au gonflement exorbitant des placements spéculatifs et au surendettement des ménages ; deux des causes majeures de la crise actuelle.


La politique de Sarkozy aggrave la situation.


Le paquet fiscal et le bouclier fiscal redistribuent aux riches des dizaines de milliards qui manquent pour des mesures en faveur de l'emploi. La liquidation des 35 heures, la libéralisation des heures supplémentaires, la perspective de travailler le dimanche et jusqu'à 70 ans, réduisent les possibilités d'embauche. Les suppressions d'emplois dans les services publics - dont l'hôpital public et l'éducation - rétrécissent l'emploi et pénalisent les usagers. La protection sociale (assurance maladie, assurance chômage, retraite...) est réduite ce qui précarise les plus faibles et aggrave les inégalités. Dans le même temps, Sarkozy a trouvé des centaines de milliards pour renflouer le système bancaire. Difficile pour Sarkozy de s'exonérer de ses propres responsabilités en faisant croire que c'est seulement « la faute à la crise ».


Le plan de relance annoncé le 4 décembre est indigent et inadapté. Les 11,5 milliards de remboursements anticipés de quelques mois des dettes de l'Etat aux entreprises et l'avancement des 10,5 milliards d'investissements déjà décidés et dont tous ne pourront pas démarrer en 2009 ne changeront pas grand chose à la situation économique. Sur les 26 milliards d'euros annoncés, il n'y en a donc que 5 à 7 (soit 0,25 à 0, 35 % du PIB) qui soutiendront l'activité dès 2009. C'est 15 à 20 fois moins que les plans engagés aux Etats-Unis ou en Chine. Pire, rien n'a été prévu pour modifier la répartition des richesses et pour soutenir la demande par l'augmentation du pouvoir d'achat. Comment les entreprises embaucheraient-elles si la consommation est en berne et les carnets de commandes vides ?


Ça suffit comme ça ! Il faut résolument changer de cap !


Cette crise signe la faillite du système libéral mis en œuvre depuis trois décennies. Elle révèle les impasses du capitalisme et de sa logique dominante : la recherche effrénée du profit maximum à n'importe quel prix par la surexploitation du travail et de la planète. Dans ce contexte, un simple « plan de relance » qui ne s'attaque pas aux causes de la crise et n'introduit pas des ruptures dans les mécanismes économiques actuels, ne sert qu'à conforter le capitalisme ... jusqu'à la prochaine secousse ! Cette crise appelle une rupture avec les logiques qui ont conduit à la catastrophe et la mise en œuvre d'un nouveau modèle de développement.

Ce nouveau modèle doit combiner les réponses à une triple urgence : sociale, écologique et démocratique. Il donne la priorité à la satisfaction des besoins sociaux du plus grand nombre en relevant le défi de la redistribution des richesses et fait du retour au plein emploi sa première exigence. Il développe un nouveau mode de production et de consommation, soutenable et respectueux des équilibres écologiques. Il fait de la souveraineté populaire l'outil de la maîtrise par les citoyens de leur avenir.


Les mesures proposées par le PG visent à commencer à relever ce défi global en apportant de premières réponses et en amorçant de premières ruptures avec les logiques économiques dominantes. Au-delà d'un ensemble de mesures constituant un « bouclier social » pour protéger les citoyens des conséquences de la crise, ce sont des réformes de structures profondes qui sont proposées pour s'attaquer aux racines de la crise, empêcher le renouvellement des pratiques qui ont conduit à la catastrophe et engager la mise en œuvre d'un nouveau modèle de développement.


Nos propositions s'articulent autour de 5 grands axes :
I -     combattre les licenciements et les délocalisations,
II -    faire reculer la précarité du travail et la précarité sociale,
III -   augmenter le pouvoir d'achat et modifier le partage des richesses,
IV -  développer l'emploi et amorcer un alter-développement,
V -   assurer une maîtrise publique du système financier.


I - Des mesures pour combattre les licenciements et les délocalisations


1 - Droit de veto suspensif pour les représentants des salariés permettant l'examen de la situation de l'entreprise et des alternatives économiques possibles. Les salariés doivent pouvoir s'opposer aux décisions patronales ; les actionnaires ne doivent pas pouvoir dicter unilatéralement leur loi.

2 - Commissions régionales et départementales de l'emploi et du développement économique (employeurs, syndicats, élus et collectivités territoriales, préfecture), chargées d'examiner les alternatives aux licenciements et aux délocalisations. Les suppressions d'emplois ont des conséquences au-delà de l'entreprise. Il faut impliquer tous les acteurs locaux concernés, notamment les collectivités territoriales, dans la recherche de solutions.

3 - Contrôle administratif permettant d'interdire les licenciements abusifs sans justification économique sérieuse : licenciements boursiers, licenciements dans les entreprises largement bénéficiaires qui distribuent des dividendes, licenciements destinés à rehausser le taux de rentabilité du capital. Les effectifs de l'Inspection du Travail doivent être doublés pour assurer un contrôle efficace et rapide et évaluer les difficultés réelles des entreprises.

4 - Droit de reprise par les salariés, avec l'aide du secteur public bancaire à constituer, des entreprises qui voudraient délocaliser ou déposer leur bilan, notamment sous des formes coopératives ou d'économie sociale. Les salariés doivent pouvoir reprendre à leur compte la production de ces entreprises avec le soutien des pouvoirs publics.

5 - Mise en place au sein de l'Union Européenne d'un dispositif d'harmonisation sociale et fiscale pour lutter contre le dumping et les délocalisations. Protection des salariés contre le dumping social et environnemental grâce à la mise en place d'un « bouclier douanier » aux frontières extérieures de l'Union Européenne.  Il ne s'agit pas d'empêcher les importations et de s'opposer au développement des pays pauvres mais de contrer les stratégies de dumping et de délocalisation des multinationales, tout en réorientant la politique commerciale de l'Union dans une logique de co-développement dans l'intérêt mutuel des peuples. Cela passe par l'utilisation du tarif extérieur commun pour alléger la pression de la concurrence et lutter contre le dumping social et le protectionnisme pratiqué par les autres zones commerciales. Les recettes dégagées par cette taxation permettront pour une part de financer les conséquences des délocalisations, et pour l'autre part, d'accroître l'aide au développement des pays à faible coût du travail. Cela implique aussi la mise en œuvre d'une protection non-tarifaire : il s'agit de moduler l'ouverture aux importations en fonction du respect progressif de normes sociales et environnementales dans les pays producteurs, tout en soutenant financièrement l'effort des pays pauvres pour améliorer leurs standards sociaux et environnementaux. La France doit agir en ce sens dans l'Union Européenne.


II - Des mesures pour faire reculer la précarité du travail et la précarité sociale


6 - Nouveau statut du salarié avec une sécurité sociale professionnelle financée par un fonds patronal mutualisé, garantissant la continuité des droits en cas de perte d'emplois ou de chômage partiel. C'est une nouvelle branche de protection contre le risque économique qu'appelle la profondeur de la crise et l'aggravation du chômage qui en résulte.

7 - Réaffirmation du CDI comme norme du contrat de travail ; encadrement strict du recours aux CDD, à l'intérim et aux temps partiels ; surcotisation patronale pour les contrats précaires.

8 - Droit à la journée continue pour empêcher l'imposition du travail fractionné à l'exemple des secteurs comme la grande distribution et requalification en CDI à temps plein des contrats à temps partiel fractionné.

9 - Droit à un logement pour tous, par des mesures d'urgences : recours aux logements vacants, suppression du dépôt de garantie pour les locataires et garantie du maintien dans les lieux, moratoire sur les prêts-relais. Blocage des loyers pour deux ans. Baisse des loyers de 10% dans les zones ayant enregistrées les plus fortes hausses depuis cinq ans. Indexation des loyers sur le coût de la vie. Construction de centres d'hébergement d'urgence en chambre individuelle ou familiale. Substitution immédiate de l'État aux municipalités pour la mise en application effective de la loi SRU, quand celles-ci ne votent pas un plan visant les 20% de logements sociaux. Tout de suite, il faut répondre aux situations de détresse ; pour la suite c'est une nouvelle politique du logement qui est nécessaire. Revalorisation des aides de l'Etat aux collectivités locales pour le logement social et mise à disposition, à des conditions avantageuses, des terrains de l'Etat pour la construction de logements sociaux.

10 - Droit d'accès à l'eau, à l'électricité et au gaz, gratuit sur une première tranche de consommation pour les ménages à faible revenu.


III - Des mesures pour augmenter le pouvoir d'achat et modifier le partage des richesses


11 - Abrogation du paquet fiscal favorable aux plus fortunés et redistribution des 15 milliards d'euros libérés sous forme d'une prime au profit des 60 % des ménages les moins riches, avec un taux de redistribution d'autant plus élevé que le revenu est faible et les charges de familles élevées. Cela permettrait de verser en deux fois dans l'année une prime allant de 1500 euros (pour les 10% les plus pauvres) à 500 euros (pour la tranche supérieure de revenu concernée).

12 - Augmentation du SMIC - pour atteindre 1500 euros net - de 10% au 1er mars 2009, 10% au 1er juillet 2009 et 10% au 1er juillet  2010, avec un fonds de compensation temporaire pour les PME qui maintiennent l'emploi. Revalorisation des salaires par accord salarial majoritaire sous peine de sanction pour les entreprises contrevenantes. Indexation des salaires, pensions, et minima sociaux sur les prix pour assurer le maintien du pouvoir d'achat. Injonction immédiate aux entreprises d'appliquer strictement le principe d'égalité de salaires hommes/femmes sous peine de sanction aggravée. Il faudra progressivement restituer à la rémunération des salariés les 10% de la valeur ajoutée détournés vers la rémunération du capital au cours des années précédentes.

13 - Augmentation du minimum de pension de retraite et des minima sociaux de 300 euros ; vers la mise en place d'un minimum retraite au niveau du SMIC. Augmentation des bourses d'études et mise en place d'une allocation d'autonomie pour les jeunes. Ceux qui ont les plus faibles revenus sont les plus vulnérables dans la crise et doivent être soutenus en priorité.

14 - Mise en place d'une rémunération maximum pour limiter les écarts de rémunération dans les entreprises, plafonnement des dividendes des actionnaires et suppression des « bonus » des dirigeants d'entreprises. Suppression des stock-options, sauf pour les petites et moyennes entreprises nouvellement crées et durant les 5 premières années. Il faut réduire les profits en même temps que l'on augmente les salaires pour maintenir la compétitivité des entreprises.

15 - Abrogation des lois de régression sociale prises par la droite contre les retraites, l'assurance maladie et les droits des chômeurs. Financement accru pour améliorer la protection sociale (assurance maladie, retraite, chômage) par une taxation de la spéculation et des profits financiers non réinvestis. Suppression des franchises médicales, rétablissement des conditions du droit à la retraite à 60 ans à taux plein, amélioration de la couverture chômage et revalorisation des indemnités en attendant la mise en place de la sécurité sociale professionnelle.

16 - Conditionnement de toutes les aides publiques aux entreprises (y compris exonérations de cotisations sociales) à la conclusion d'un accord comprenant une revalorisation des salaires  signé par une majorité syndicale appréciée en regard des résultats des élections professionnelles dans l'entreprise concernée. Il faut plus généralement remettre à plat de tout le système d'aides aux entreprises qui est très coûteux et largement inefficace.

17 - Abrogation du bouclier fiscal, rétablissement de la progressivité de l'impôt sur le revenu permettant de plafonner un revenu maximum. Lutte contre l'évasion et la fraude fiscale. La fiscalité doit redevenir un outil au service de la redistribution des richesses et de l'intérêt général.

IV - Des mesures pour développer l'emploi et amorcer un « alter-développement »

18 - Abrogation des mesures qui ont vidé de sa substance la loi sur les 35 heures et libéralisé le régime des heures supplémentaires. Réduction à 130 heures du contingent annuel d'heures supplémentaires. Réduction des durées hebdomadaires maximales de travail et, en particulier, réduction de 48 à 44 heures de la durée maximale sur une semaine. Garantie du repos hebdomadaire de 2 jours consécutifs (dont le dimanche) sauf nécessités absolues (hôpitaux, transports, activités continues...). Pour élargir les possibilités d'emplois, il faut abroger les mesures qui ont conduit à allonger la durée d'activité de ceux qui ont un emploi au détriment des embauches.

19 - Arrêt des plans de suppression d'emplois publics et de privatisations ; création d'emplois dans les services publics pour combler les déficits patents (hôpitaux, service public de l'emploi, éducateurs spécialisés, police de proximité, tribunaux, inspection du travail, éducation, culture, audiovisuel public, etc.). Dans le cadre européen, action pour l'abrogation des directives imposant la mise en concurrence des services publics. En temps de crise, les services publics sont un élément de solidarité encore plus indispensable et ils doivent avoir les moyens d'exercer leurs missions.

20 - Un plan d'investissements publics sur deux ans, animé par le triple souci de relance de la demande et de l'emploi, de satisfaction des besoins sociaux et de réorientation écologique de notre mode de production. Combiné aux autres mesures évoquées par ailleurs, ces investissements devraient amener à 100 milliards d'euros (env. 5% du PIB) le soutien public à l'activité économique.

 

  • Rénovation écologique du parc de logements sociaux,
  • Mise en chantier de 300 000 logements sociaux par an,
  • Rénovation des établissements publics d'enseignement,
  • Construction de centres d'hébergement d'urgence et de foyers de jeunes travailleurs,
  • Création d'un service public de la petite enfance et développement des crèches publiques,
  • Remplacement progressif du parc automobile des collectivités publiques par des véhicules propres (électriques ou hybrides),
  • Rénovation du réseau ferroviaire et développement, d'infrastructures pour le ferroutage,
  • Extension réglementaire des exigences en matière de recyclage et aide à l'investissement dans ce secteur,
  • Soutien à la création et aux activités culturelles,
  • Plan spécial de soutien pour les Antilles et territoires d'outre-mer en difficulté.

Les investissements publics pour soutenir l'activité doivent répondre aux besoins sociaux et aux exigences environnementales.

21 - Effort massif d'investissements en recherche et développement vers le secteur des énergies renouvelables. Politique résolue d'économie d'énergies dans le logement, les transports, etc. et diversification des sources d'énergie pour garantir la sécurité des approvisionnement du pays et créer les conditions d'une sortie réfléchie et progressive des énergies polluantes productrices de gaz à effets de serre et du nucléaire.

22 - Création du pôle public de l'énergie autour de EDF, GDF, (dont il faut remettre en cause l'ouverture du capital) et Total (qui doit être nationalisé). Développement des coopérations entre les entreprises de l'énergie au sein de l'Union Européenne pour renforcer la sécurité des approvisionnements et préparer un pôle public européen. Mise en place d'une fiscalité environnementale de type taxe carbone. La sécurité de la production et de la distribution de l'énergie ne peut être laissée aux aléas du marché, de la concurrence et du profit.

23 - L'urgence est aussi dans les campagnes. Abandon de la « référence historique des aides » qui fige les revenus des paysans. Réorientation des aides de la PAC : la politique de subventions qui profitent essentiellement aux plus gros agriculteurs doit être réorientée en faveur d'une agriculture locale, paysanne, vivrière, biologique. Soutien aux filières de qualité et au mouvement coopératif. Moratoire sur la commercialisation et la mise en culture des OGM. Interdiction des insecticides systémiques qui détruisent les insectes pollinisateurs.


V - Des mesures pour une maîtrise publique du système financier afin de contrer la spéculation et de maîtriser le développement.


24 - Création d'un pôle financier public élargi pour les entreprises autour de la Caisse des Dépôts et Consignation. Il s'agit de disposer d'un instrument pour une autre politique d'investissement  au service de l'emploi, du logement social, des services publics, des projets écologiques et pour lutter contre les fonds spéculatifs prédateurs d'entreprises privées d'intérêt stratégique pour notre pays.

25 - Création d'un service public bancaire élargi pour les particuliers autour de La Banque Postale et des Caisses d'Epargne. Il s'agit de garantir un accès au crédit à taux favorable pour les particuliers (logement notamment) et d'assurer l'accès des plus démunis aux services bancaires de base.

26 - Création d'un réseau de banques régionales publiques pour l'emploi et l'alter-développement autour d'OSEO et du réseau des banques mutualistes et coopératives. Elles seront un instrument de proximité au service des PME, de l'innovation, des projets environnementaux, du développement rural.

27 - Toute aide financière aux banques privées s'accompagnera d'une participation de l'Etat au Conseil d'administration, d'un contrôle public en faveur  d'une politique sélective du crédit qui favorise les prêts aux secteurs prioritaires (recherche, nouvelles énergies, rénovation écologique, services publics, création d'entreprises, reprises d'entreprises par les salariés, etc). Interdiction de versement de dividendes aux actionnaires et plafonnement des rémunérations des dirigeants tant que le remboursement n'aura pas été effectué. Les commissions bancaires doivent être plafonnées, et les règles de tenue des comptes courant (date de valeur) fixées par la
réglementation. Il est hors de question de donner des milliards  d'euros d'argent public aux banques sans contrôle de leur utilisation ni contreparties.

28 - Lutte contre les paradis fiscaux, y compris sur le territoire européen. Mise en place à l'échelle européenne d'un dispositif d'harmonisation fiscale et d'une taxe de type « Tobin » pour lutter contre la spéculation. Contrôle sur les mouvements de capitaux pour interdire les mouvements vers les paradis fiscaux et les opérations sur les instruments financiers toxiques inscrit sur une liste noire. À terme, la circulation des capitaux n'est libre que pour les opérations contreparties d'une opération réelle (échange commercial, investissement direct...). Les mouvements de capitaux à court terme pour des placements financiers (investissement de portefeuille) sont soumis à une réglementation et taxés. Actions pour lever toute pratique de secret bancaire qui ferait obstacle à l'application de ces réglementations. 
A la lumière des leçons de la crise, la France doit agir au sein de l'Union Européenne et des instances internationales en faveur de mesures fortes de régulation financière et commerciale internationale.

29 - Réforme de la Banque Centrale Européenne et Abandon de l'actuel Pacte de stabilité. Un nouveau statut de la BCE doit prévoir qu'elle vise simultanément le soutien à l'activité des secteurs jugés prioritaires d'un point de vue social, économique et écologique, le plein emploi, la stabilité des prix (en fonction des priorités économiques du moment et dans le respect des contraintes environnementales), et qu'elle apporte son concours à la politique de change définie par le Conseil européen. La BCE doit en outre rendre compte de la conduite de sa politique monétaire, trimestriellement devant le Conseil européen et annuellement devant le parlement européen. La BCE doit être autorisée, en cas de récession a acheter des bons du Trésor en vue de faire baisser les taux d'intérêt à long terme.
Les règles du Pacte de stabilité (déficit public...) sont d'ores et déjà abandonnées par tous les pays ; la politique de la BCE a été obligée de s'adapter à la crise ; maintenant, de nouvelles règles plus favorables à l'emploi, au système productif et aux services publics doivent être édictées. Une institution qui commande un levier essentiel de la politique économique ne peut plus rester indépendante de tout contrôle démocratique.


CONCLUSION


Il y a urgence à agir !


La crise ne fait que commencer. Les conséquences sociales se font durement sentir et vont encore s'aggraver si rien de nouveau n'est fait. La crise financière est devenue économique et sociale. Elle peut demain devenir crise démocratique comme ce fut le cas dans les années 30. Il n'y a pas de fatalité, rien n'est écrit d'avance. Tout dépend des politiques qui seront proposées au pays.


L'alternative est claire.


Pour Sarkozy, c'est la poursuite d'une politique visant à renflouer  avec de l'argent public les financiers et les industriels sans contrôle ni exigences. Il veut socialiser les pertes, privatiser les profits, et faire payer la facture aux simples citoyens. Pour faire taire les mécontentements, il veut restreindre les libertés et durcit la répression contre les mouvements sociaux.

Pour le Parti de Gauche, c'est la volonté de modifier profondément la redistribution des richesses pour répondre aux besoins sociaux, développer l'emploi, renforcer les services publics, investir dans les projets écologiques, maîtriser la finance et combattre la spéculation.


Il y a urgence à construire une alternative à gauche !


Pour le Parti de Gauche, il faut construire un Front de Gauche avec toutes les forces qui veulent rompre avec le modèle libéral et mettre en œuvre un nouveau type de développement plus social, plus solidaire, plus respectueux de l'environnement, plus démocratique enfin. À l'occasion des élections européennes, ce Front de Gauche agira pour une rupture avec les traités et directives libérales, et une réorientation profonde des politiques européennes afin de répondre aux besoins du plus grand nombre.


La crise du capitalisme est un défi pour la gauche. L'alternative immédiate est entre « rénovation du néo-libéralisme » ou « extension de la démocratie et de la République » c'est-à-dire de la maîtrise collective de l'avenir, aujourd'hui accaparé par les forces aveugles du marché. C'est la perspective qu'entend développer le Parti de Gauche dans les mobilisations sociales et les luttes politiques à venir.


Congrès constituant du Parti de Gauche - 30, 31 janvier et 1° février 2009.

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Mercredi 11 février 2009





I - L'ENJEU DES PROCHAINES ELECTIONS EUROPEENNES


I - 1 -
La crise du capitalisme mondial est un révélateur impitoyable : l'Union Européenne devrait être la solution, elle est le problème. L'Union Européenne (UE) s'est empêchée par ses propres règles de prendre des mesures à la hauteur de la situation. Bloquée par un budget étriqué, l'interdiction de déficit budgétaire et l'impossibilité d'emprunter, son « plan de relance » n'a été qu'une opération de communication reposant sur des plans de relance nationaux relevant de logiques économiques différentes.

En fait, les politiques libérales menées au niveau de l'UE et des Etats sont mises en accusation par la crise actuelle du capitalisme. Les déréglementations, la libre circulation des capitaux, le libre-échange, la concurrence « libre et non faussée », la suraccumulation des profits par la surexploitation du travail, la négation des services publics, l'interdiction de toute solidarité et de toute redistribution, sont les racines de l'effondrement d'un système qui aggrave les inégalités et détruit l'environnement. L'inanité des règles actuelles de l'UE apparaît en pleine lumière. Les Etats eux-mêmes s'exonèrent de leur respect, au moment même où ils prétendent les graver dans le marbre du Traité de Lisbonne : déficit budgétaire, aides publiques aux entreprises, etc.

 

I - 2 - Face à la grave crise écologique, l'impasse libérale de l'Europe produit la même impuissance.

L'échec en décembre 2008 des négociations autour du « paquet énergie-climat » est à ce titre édifiant. L'accord trouvé par Nicolas Sarkozy correspond au pire scénario imaginé : les 2/3 des réductions de gaz à effets de serre (GES) pourront se faire hors du territoire européen, par des compensations carbone. Le principe « pollueur payeur », en plus d'être insuffisant, ne s'appliquera quasiment pas, puisque les quotas de « droits à polluer », dont nous contestons le principe même, seront gratuits pour les industries de nombreux pays. Aucun système de sanctions efficace ne sera mis en place pour inciter les pays à tenir leurs engagements. Enfin, l'UE ne soutiendra pas les efforts des pays en développement pour limiter leurs émissions de GES.


I - 3 -
Les prochaines élections européennes de juin 2009 doivent donc être l'occasion d'affirmer la nécessité et l'urgence d'une réorientation radicale des politiques de l'Union européenne. Nous voulons en faire la base de départ de la refondation d'une « autre Europe », démocratique, laïque, sociale, écologique, solidaire, pacifique. Une Europe qui propose un nouveau projet de développement, un « alterdéveloppement ». Il est vraisemblable que les défenseurs de l'Europe actuelle chercheront à escamoter le débat pour masquer les impasses de leurs orientations. Pour le PG au contraire, ce doit être le moment d'une intervention citoyenne approfondie sur le bilan et de nouvelles perspectives pour la construction européenne. Il s'agit aussi de riposter par le vote populaire au procédé scandaleux, et pourtant légal, utilisé par Nicolas Sarkozy ; celui-ci, en utilisant les mécanismes anti-démocratiques de la Vème République, avec la complicité d'une centaine de parlementaires socialistes, radicaux et verts, et la quasi-totalité des parlementaires UMP, a fait voter par le Parlement le traité de Lisbonne, réplique de la Constitution rejetée par référendum en 2005. A l'heure où 80% des lois votées en France sont des transcriptions de directives européennes, le PG fait de la dénonciation de cette forfaiture un enjeu essentiel.


I - 4 -
Pour cette campagne, nous avons un mandat du peuple. Lors du référendum du 29 mai 2005, le peuple français a rejeté la constitutionnalisation de ces orientations libérales. Cinq peuples seulement ont été invités à se prononcer par référendum ; trois ont rejeté ce traité : la France, les Pays Bas et l'Irlande. Ces expressions de la souveraineté populaire ont été bafouées. A peine les urnes refermées, les dirigeants des gouvernements et de l'UE n'ont eu de cesse de nier le sens de ce vote et de poursuivre les orientations libérales. Cette élection sera donc l'occasion d'exiger le respect du « NON au TCE » exprimé par le peuple français en 2005, de faire le référendum dont nous avons été privés en disant « NON au Traité de Lisbonne » , et de développer nos propositions alternatives.


I - 5 -
Nous devons assumer le sens du Non de gauche. En rejetant la constitutionnalisation des politiques libérales, nous avons dit  Non à une Europe qui n'est ni sociale ni démocratique. Le rejet du TCE n'était pas, majoritairement, un rejet de l'idée européenne comme l'ont prétendu les gouvernements ou la Commission européenne et leurs relais. C'était un rejet des politiques néo-libérales mises en œuvre dans le cadre de l'UE : « concurrence libre et non faussée », libéralisation et mise en concurrence des services publics, opacité des prises de décisions, refus de la directive de libéralisation des services (Bolkenstein)... C'est bien parce que le Non français avait la portée subversive d'une exigence de construction d'une autre Europe qu'il fût tant dénigré, qualifié de nationaliste et populiste ; alors que ce sont bien les questions sociales et démocratiques portées par la gauche du Non qui avaient été au cœur du débat référendaire dans notre pays.


I- 6 - Dans la même perspective, les Français voient de plus en plus le lien étroit entre les politiques nationales et les politiques européennes.
La contre-révolution menée en France par Nicolas Sarkozy et le patronat vise à rattraper le « retard » pris par notre pays vis-à-vis des autres pays de l'UE dans la libéralisation du système économique et social. Les luttes de résistances et les particularités de « l'exception française » avaient permis de freiner ces évolutions. Nicolas Sarkozy utilise la crise économique pour justifier la poursuite de ces politiques qui sont responsables du désastre. Cette élection sera donc aussi l'occasion de dire « NON à Nicolas Sarkozy et à sa politique » et de dire « OUI à une politique de gauche ».


I - 7 - Notre refus du TCE s'est appuyé sur la conviction qu'une autre Europe est nécessaire et possible
. En ces temps de crise économique profonde, instruits par l'histoire du XXème siècle des dangers et des tensions qu'elle peut créer au sein des pays et dans les relations internationales, nous voulons construire une Europe à laquelle les peuples puissent adhérer car elle disposera des outils politiques pour répondre à leurs attentes.

 


II - RASSEMBLÉE, LA GAUCHE DE TRANSFORMATION PEUT GAGNER EN FRANCE


II - 1 -
En proposant la stratégie du Front de Gauche pour les élections européennes, le PG veut le rassemblement de toutes les énergies de la gauche du Non qui ont permis la victoire lors du référendum sur le TCE et toutes celles et ceux qui depuis ont décidé de s'opposer à la vision libérale de l'Europe. L'objectif est de battre tous les partisans de l'Europe libérale du Traité de Lisbonne. De cette façon il s'agit à la fois de battre la droite et de bouleverser la donne à gauche.


II - 2 -
Cette campagne sera l'occasion en France et en Europe  de réfuter deux postures politiques :

- d'une part, la résignation voire le soutien actif de la social-démocratie à la construction libérale de l'Europe, illustrée par son adhésion au Manifeste européen du Parti Socialiste européen (PSE), le « Manifesto », qui accepte et vante les mérites du Traité de Lisbonne. En plaçant ses propositions sous le slogan « Les citoyens d'abord », et en ne remettant pas en cause un traité anti-démocratique, le PSE prolonge de fait ses pratiques de double langage, de compromissions, voire de cogestion, avec la droite du Parlement européen et de la Commission.

- d'autre part, l'environnementalisme, qui se dit ni de droite, ni de gauche, et veut faire croire qu'on peut répondre à la crise écologique sans rompre avec les logiques de profit et de concurrence du capitalisme et du productivisme, et qu'on peut faire l'économie d'un changement de système et de modes de consommation.


II - 3 - Pour s'inspirer de la dynamique victorieuse de 2005, il faut combiner une double dimension : un accord national entre les différentes forces politiques sur un programme et sur une stratégie, et des structures de mobilisation et de soutien permettant l'engagement de dizaines de milliers de militants syndicalistes, associatifs, citoyens...
Des appels convergents existent déjà en ce sens. C'est le sens du « Front de Gauche ». Le Parti de Gauche en a fait sa première proposition politique dès sa création. Le Parti Communiste a confirmé en congrès cette orientation adoptée par son conseil national. Les Alternatifs ont exprimé la même volonté. D'autres forces de gauche, que nous espérons les plus nombreuses possibles, devraient pouvoir les rejoindre prochainement.  Le MRC, le NPA, le POI notamment discutent de cette proposition. Enfin l'appel  lancé par le journal Politis confirme l'aspiration à cette unité de la Gauche du Non pour ces élections européennes. Le PG ne ménagera pas ses efforts pour y parvenir. Le Front de Gauche établira son propre programme, à partir des discussions des forces qui le constituent. Le PG ne met que deux conditions à la participation au Front :

  • le rejet public du Traité de Lisbonne
  • la participation des députés du Front de Gauche au même groupe, indépendant de la droite et du PSE au Parlement européen


    III
    - FACE A LA MONDIALISATION CAPITALISTE, NOUS AVONS BESOIN D'UNE AUTRE EUROPE :

III - 1 - La construction d'une autre Europe est pour nous, un enjeu particulièrement décisif. Face à la mondialisation capitaliste, face à la puissance agressive des Etats-Unis, nous avons besoin d'une Europe politique capable de nous donner prise sur les affaires du monde, de reconquérir des capacités d'action publique à une échelle efficace. La réorientation des politiques européennes peut être un atout pour épauler des politiques progressistes élaborées à l'échelon national et pour promouvoir un « alterdéveloppement », qui dépasse le système capitaliste et remette l'intérêt général au premier plan. Nous devrons mettre en avant à l'échelle européenne de nouveaux indicateurs de richesse qui permettent de mesurer les contours d'une société fraternelle, laïque, juste, sociale, équitable et écologique. Ce nouveau modèle induira des choix, avec nécessairement la diminution voire l'arrêt de certains secteurs d'activité (notamment les plus polluants ou les plus discutables pour l'intérêt général comme l'armement) et l'augmentation de nouveaux secteurs (permettant de répondre aux besoins actuellement non satisfaits).


III
- 2 S'il est un domaine où s'imposent une pensée et une action qui ne s'arrêtent à aucune frontière, c'est bien celui de la mise en œuvre des politiques écologistes pour éviter la catastrophe qui s'avance. Nous avons donc besoin d'une autre Europe pour mettre en œuvre des politiques écologistes coordonnées et pour peser dans le débat mondial, face aux Etats Unis et aux blocages des multinationales. Pour cela, il faudra en finir avec les logiques productivistes de profit et de concurrence, et éviter les pièges du « business vert ».

Nous voulons une Europe en pointe sur la définition et la mise en œuvre d'une planification écologique européenne. Une planification écologique européenne sera le moyen d'organiser la transition de notre mode actuel de développement vers l'« alterdéveloppement ». Elle permet à la fois de mener la bataille culturelle contre la société du tout consommation et d'organiser la réorientation des activités de production et de notre mode de développement. La création d'un pôle public européen de l'énergie sera un outil central. Nous nous engagerons à tenir un objectif de réduction des émissions domestiques de GES de l'UE d'au moins 30% d'ici 2020. Cette ambition passera notamment par la mise en place d'une fiscalité environnementale de type taxe carbone, l'augmentation massive des investissements en recherche et développement dans le secteur des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, des mesures en faveur de la sobriété en matière de consommation énergétique, la réorientation des aides de la PAC en faveur d'une agriculture génératrice de produits de qualité et respectueuse de l'environnement, tournée vers la satisfaction du marché intérieur dans le cadre d'un nécessaire processus de relocalisation de la production, tout en agissant pour une sortie réfléchie et progressive des énergies polluantes et productrices de gaz à effet de serre et du nucléaire.


III
- 3 - Nous avons besoin d'une autre Europe pour développer  un modèle social façonné par les luttes ouvrières et démocratiques et renforcé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : réglementations du travail, protections sociales, services publics, Etat social redistributeur. Pour cela, il faudra tourner la page des orientations libérales des traités européens qui refusent une harmonisation vers le haut des règles sociales par la loi européenne et choisissent un alignement vers le bas par la concurrence « libre et non faussée ».

L'Europe sociale que nous voulons intègrera les conventions démocratiques et sociales internationales existantes. Elle énoncera et concrétisera des droits sociaux fondamentaux, instituera un droit social européen contre les logiques de concurrence et de dumping. Elle respectera le principe de non-régression : aucune mesure européenne ne pourra remettre en cause les droits sociaux reconnus par telle ou telle législation nationale. Elle fixera des normes sociales minimales et organisera leur convergence par le haut pour renforcer les protections juridiques accordées aux travailleurs. Un budget communautaire significatif permettant de réduire véritablement les inégalités entre Etats membres sera mis en place. Faute de cela, les nouveaux membres n'ont que le faible coût de leur main d'œuvre et leur fiscalité attractive pour le capital pour assurer leur insertion compétitive dans l'UE et attirer les investissements. Le dumping social et les délocalisations fournissent au patronat les armes de la régression sociale pour faire baisser le « coût du travail » et augmenter encore ses profits. Le dumping fiscal pousse les Etats à réduire l'imposition sur les entreprises pour lutter contre les délocalisations diminuant ainsi leurs recettes fiscales, appauvrissant les budgets publics et conduisant à la réduction des dépenses publiques. C'est l'Etat social qui continue à être démantelé. La logique d'un « marché unique où la concurrence est libre et non faussée » interdit de construire vraiment l'Europe.


III
- 4 - Nous avons besoin d'une autre Europe pour mettre en œuvre une politique coordonnée de lutte contre le chômage et la précarité et une politique industrielle tournée vers l'avenir. Pour cela, il faudra s'extraire des orientations libérales : politique monétaire restrictive conduite par une Banque Centrale Européenne indépendante de tout contrôle politique, dont les statuts, obnubilés par l'inflation, oublient la lutte contre le chômage, politique budgétaire étouffée par les critères de Maastricht et l'actuel Pacte de stabilité, incitation à une flexibilité accrue du marché du travail. Il faudra aussi en finir avec les règles qui interdisent systématiquement les subventions publiques aux entreprises et les rapprochements et coopérations entre entreprises, sous prétexte qu'elles conduiraient à un abus de position dominante faussant la concurrence dans tout ou partie du marché intérieur !

L'Europe de l'emploi que nous voulons favorisera une relance de l'activité économique par l'augmentation des salaires et des investissements publics pour une croissance socialement utile, écologiquement responsable, créatrice d'emplois. À cet effet, le Pacte de stabilité sera dénoncé et il sera mis fin à l'indépendance de la Banque Centrale Européenne, dont les statuts et les missions seront révisés. Une réduction simultanée du temps de travail permettra de créer des emplois, tandis que des dispositifs seront instaurés contre les licenciements collectifs et les délocalisations. Un développement de l'économie sociale et solidaire sera favorisé. Une politique de grands travaux sera mise en œuvre en matière de réseaux transeuropéens de transport et d'énergie, de recherche et développement des technologies nouvelles, de logement, de rénovation urbaine, de transports collectifs. Une politique industrielle coordonnée permettra de mettre en œuvre les projets d'avenir qui requièrent des investissements de dimension européenne. Une nouvelle politique agricole permettra de rompre avec la course au productivisme et favorisera une agriculture paysanne créatrice d'emplois.


III
- 5 - Nous avons besoin d'une autre Europe pour des services publics nationaux de qualité et pour construire de grands services publics européens de réseaux permettant notamment de maintenir le principe de péréquation tarifaire. Pour cela, il faudra tourner la page des orientations libérales qui soumettent les « services d'intérêts économiques généraux » à la concurrence et conduisent à leur démantèlement.

L'Europe des services publics que nous voulons stoppera les libéralisations en cours, engagera une évaluation publique des conséquences sociales des libéralisations passées et effectuera les réorientations nécessaires au renouveau des services publics. La coopération permettra l'émergence de services publics européens dans les transports, l'énergie, les télécommunications, l'eau... Les politiques d'aménagement du territoire devront être cohérentes à tous les niveaux : européen, national et local, pour préserver des services publics de proximité (poste, éducation, santé...). Ces services doivent trouver une place centrale dans le droit fondamental de l'Union et être placés hors du champ de la concurrence. Cela suppose de les exclure des négociations commerciales internationales du ressort de l'OMC, comme l'AGCS « Accord Général sur le Commerce des Services ».


III
- 6 - Nous avons besoin d'une autre Europe pour stopper la montée des communautarismes, la multiplication des références à des « origines » ou à des racines indépassables et la doctrine néfaste du « choc des civilisations ». L'Europe laïque que nous voulons sera soucieuse de séparer le politique et le religieux. Nous considérons que les religions n'ont pas à réglementer la sphère publique, que la foi n'a pas à fonder la loi. La loi, qui doit valoir pour tous les citoyens, ne saurait se réclamer d'une croyance, pas plus qu'elle ne saurait se réclamer d'un particularisme quelconque. Une Europe laïque ne saurait donc instituer les religions comme référence et leurs représentants comme interlocuteurs privilégiés. D'une façon plus générale, une Europe laïque est résolument opposée à toutes les formes de communautarisme : elle ne reconnaît que les citoyens et leurs représentants élus. Fonder l'Union européenne sur le principe de laïcité revient, par conséquent, à la considérer exclusivement comme une association politique également respectueuse des femmes et des hommes qui la composent. Considérer l'Union européenne comme un espace culturel, géographique, historique ou religieux est une façon de la communautariser et de porter atteinte au principe de laïcité. Il n'est pas concevable de fonder l'UE sur autre chose que des principes politiques communs.


III
- 7 - Nous avons besoin d'une autre Europe pour faire prévaloir de nouvelles règles du jeu dans l'économie mondiale. La crise en souligne l'urgence pour encadrer la finance et le commerce mondial. Pour cela, il faudra rompre avec l'interdiction de toute restriction à la libre circulation des capitaux, des marchandises et des services.

L'Europe de la solidarité que nous voulons s'opposera à l'inégalité croissante qui résulte de la libéralisation effrénée. Cela suppose de contredire partout les normes édictées par les multinationales, le G8 et les institutions financières internationales. Cela implique, entre autres : de remettre en cause la logique et le mode de fonctionnement de l'OMC ; de subordonner les normes commerciales aux normes sociales, sanitaires et environnementales ; de lutter contre les paradis fiscaux et judiciaires ; de mettre en place une taxe de type « Taxe Tobin » d'empêcher la confiscation des biens naturels et la marchandisation du vivant par les multinationales ; d'établir les relations Nord-Sud sur la logique du co-développement, ce qui implique en premier lieu que les peuples et les nations redeviennent maîtres de leurs richesses naturelles et que leur droit à la souveraineté alimentaire soit garanti ; d'annuler la dette des pays du Sud et d'augmenter de façon quantitative et qualitative l'aide au développement et mettre en place son contrôle par une institution démocratique; de refonder les institutions internationales ; d'abonder le fonds de développement culturel à destination des pays du Sud prévu dans la Convention pour la diversité culturelle de l'UNESCO.


III
- 8 - Nous avons besoin d'une autre Europe pour construire une alternative pacifique à la mondialisation capitaliste, injuste et belliciste. Pour cela, il faudra rompre avec les orientations actuelles. Celles-ci mettent en concurrence les peuples au détriment de l'émergence des solidarités et d'une conscience collective européenne ; elles tournent le dos à l'indépendance politique de l'Europe en soumettant sa politique de défense à l'Otan dominée par les Etats-Unis !

L'Europe de la paix que nous voulons agira partout pour la résolution juste et pacifique des conflits, particulièrement au Moyen Orient aujourd'hui. Elle bannira tout soutien et toute intervention militaire au profit de régimes dictatoriaux et autoritaires ; elle coopérera avec les sociétés civiles. Elle agira partout en faveur du désarmement et de la paix, de l'abaissement des budgets militaires et d'un processus de dénucléarisation, en s'opposant à la dissémination et à la banalisation des armes nucléaires et de destruction massive conformément aux engagements internationaux (TNP, AIEA). Elle rompra avec la politique agressive développée notamment par les États-Unis, et s'émancipera du cadre de l'OTAN, qui ne doit en aucun cas être tenue pour une institution européenne. Les troupes de pays membres de l'UE intervenant dans ce cadre sur divers théâtres d'opération (Afghanistan, Irak...) doivent être retirées. Notre engagement sur ce point signifie clairement que nous nous prononçons pour le retrait des troupes françaises hors d'Afghanistan.


III
- 9 - Nous avons besoin d'une autre Europe dans laquelle les peuples puissent se reconnaître. Ces derniers ne s'inscriront pas dans un projet - centré sur le marché et la concurrence généralisée - élaboré dans l'opacité de négociations et de tractations incapables de dégager un intérêt général européen répondant à leurs attentes. La refondation démocratique et institutionnelle doit accompagner les réorientations économiques et sociales. L'Europe démocratique que nous voulons sera celle de la réappropriation par les peuples de leur avenir.


III
- 10 -Changer l'Europe doit être l'enjeu de luttes politiques et de mobilisations sociales et altermondialistes. Les propositions et orientations ci-dessus constituent le cadre possible d'une autre Europe. Elles peuvent être autant d'axes de lutte dans l'Europe telle qu'elle est. Les mouvements sociaux, les forces antilibérales et anticapitalistes européennes doivent continuer de lutter pour bloquer les offensives libérales et défendre une série d'exigences, de droits immédiats, face aux gouvernements et à l'Union Européenne actuels. Ces propositions et orientations ébauchent aussi une cohérence radicalement différente de celle suivie jusqu'à présent. Elles fournissent les éléments d'une refondation de l'Union européenne sur de nouvelles bases. Elles sont à nos yeux la seule chance pour que l'Europe devienne franchement l'affaire de tous les Européens. Notre internationalisme s'incarne dans l'exigence d'une Europe progressiste !



IV- POUR UNE REPONSE EUROPEENNE IMMEDIATE ET FORTE FACE A LA CRISE.


Le changement politique profond nécessaire en Europe sera la résultante de luttes politiques et sociales et d'une évolution des rapports de forces
. En effet, comme nos propositions visent à s'émanciper du capitalisme, elles se heurtent donc frontalement aux intérêts des classes dominantes en Europe. Il faudra donc combiner des ruptures en France avec les règles de l'Union et des mobilisations en Europe et à l'international autour d'objectifs communs. Il y a donc une forte complémentarité entre les luttes politiques menées à l'échelon national et celles qui le seront au niveau européen.

Nous allons au Parlement européen pour engager des ruptures. Si nous gagnons ces élections, il paraît possible de revendiquer les ruptures immédiates dont les européens ont besoin pour faire face à la crise, et que les traités actuels et a fortiori le traité de Lisbonne ne permettent pas :

  • D'abord parce que les gouvernements européens se sont déjà affranchis des règles qu'ils se sont fixées dans leurs traités. Nous pouvons réclamer la même démarche pour des ruptures partielles.
  • Ensuite parce que notre victoire en France et en Europe serait la conséquence d'un important mouvement populaire impossible à ignorer. Nos députés européens agiront simultanément au sein du Parlement de l'UE, mais aussi en faisant pression sur le Gouvernement français pour qu'il fasse évoluer ses positions politiques.
  • Enfin parce que nous nous appuierons sur des mobilisations menées dans plusieurs pays européens qui obligeront les gouvernements nationaux à les prendre en compte. Dans ce combat, nous lutterons aux côtés d'autres partis de la gauche européenne et notamment Die Linke. Nous rechercherons aussi les convergences et coopérations avec les mouvements sociaux et altermondialistes en Europe.

Cette méthode est impossible à assumer pour ceux, en particulier les membres du PSE, qui s'abritent déjà derrière la variété des configurations politiques et des institutions inadaptées pour dire que rien ne peut changer qu'à la marge.


Nous porterons les premières ruptures qui permettront de répondre aux multiples crises.

 

Pour répondre à la crise sociale

  • Socle minimal européen de protection contre les licenciements collectifs: l'obligation sera affirmée de négocier, sur des propositions alternatives, avec les représentantes et représentants des travailleurs qui disposeront d'un droit de veto suspensif
  • Instauration de l'obligation d'un salaire minimum interprofessionnel dans chaque pays de l'UE en fonction du niveau de richesse par habitant. Une procédure de convergence vers le haut sera établie.
  • Reconnaissance du droit de grève européen et interdiction de la confiscation par les patrons des moyens de production, ou «lock-out».
  • Lancement d'un plan de grands travaux pour les modes de transports les moins polluants, dont le train pour les voyageurs et les marchandises, les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique des bâtiments
  • Retrait de la directive Bolkenstein, qui institutionnalise et développe le dumping social avec le principe du «pays d'origine»et abandon définitif dela proposition de la Commission visant à autoriser la semaine de 65 heures.
  • Soutien à l'économie sociale et solidaire.

 

Pour répondre à la crise économique et financière

  • Abandon de l'actuel Pacte de stabilité et assujettissement de la BCE à une politique économique de relance.
  • Augmentation du budget européen et autorisation d'emprunts pour assurer des interventions publiques conséquentes et garantir la solidarité entre pays.
  • Lancement d'un plan d'investissement dans la recherche à l'échelle européenne, à la fois dans la recherche fondamentale, scientifique, universitaire et académique, et dans la recherche appliquée et le développement des technologies nouvelles.
  • Mise en place d'un bouclier douanier européen, permettant de réguler les échanges commerciaux avec les pays extérieurs à l'UE en fonction d'exigences sociales et environnementales et dans l'intérêt mutuel de tous les peuples. Il ne s'agit pas d'empêcher les importations et de s'opposer au développement des pays pauvres mais de lutter contre les pratiques de dumping et de délocalisation des multinationales
  • Suspension des directives imposant la mise en concurrence des services publics et arrêt des privatisations.
  • Lutte contre les paradis fiscaux, abrogation des clauses interdisant toute restriction aux mouvements des capitaux et mise en place d'un dispositif d'harmonisation fiscale et d'une taxe de type «Tobin» sur les mouvements de capitaux spéculatifs

Pour répondre à la crise environnementale

  • Augmentation massive des investissements en recherche et développement dans le secteur des énergies renouvelables.
  • Arrêt des cultures destinées aux agrocarburants.
  • Création du pôle public européen de l'énergie.
  • Planification d'une sortie progressive et réfléchie des énergies polluantes et productrices de gaz à effet de serre et du nucléaire.
  • Mise en place d'une fiscalité environnementale de type taxe carbone.
  • Moratoire sur la commercialisation et la mise en culture des OGM.
  • Réorientation des aides de la PAC vers une agriculture locale, paysanne et vivrière respectueuse de l'environnement.

 

Pour répondre à la crise démocratique

  • Abandon du processus de ratification du traité de Lisbonne
  • Arrêt du processus d'élargissement tant que les institutions n'auront pas été démocratisées et que les droits sociaux n'auront pas été garantis
  • Pas de nouveau traité européen sans référendum dans tous les pays de l'Union

 

Pour répondre à la crise géopolitique

  • Suppression du dumping que représentent les aides de l'Union européenne à ses exportations agricoles, et promotion du droit à la souveraineté alimentaire des pays dans les négociations internationales et dans les accords commerciaux bilatéraux.
  • Rupture avec les politiques européennes de fermeture des frontières et leur arsenal de mesures relevant du "tout répressif" au mépris du droit et de la dignité de la personne humaine". Retrait de la « directive de la honte » et harmonisation vers le haut des droits des migrants ; droit de vote aux élections locales accordé aux résidents permanents étrangers dans les mêmes conditions que celles des résidents européens
  • Retrait de tous les services publics et d'intérêt général, notamment éducatifs, ainsi que des biens culturels, du champ des négociations de l'Accord Général sur le Commerce des Services
  • Initiative européenne pour l'annulation de la dette des pays pauvres
  • Abandon du grand marché transatlantique prévu entre l'Europe et les Etats-Unis Sortie de l'OTAN
  • Consolidation juridique du Code de conduite européen de 1998 en matière de contrôle des exportations d'armement pour le rendre contraignant à l'égard des membres
  • Action européenne sur une réforme démocratique et multipolaire des institutions internationales.

 

V - COMMENT CHANGER RADICALEMENT LE COURS DE LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE ?


A/ QUE VOULONS NOUS ?


V - 1 -
Le cadre actuel de la construction européenne interdit la satisfaction durable des besoins sociaux et de l'exigence démocratique. Si l'on veut réorienter l'Union, il est  nécessaire de mener de pair les ruptures économico-sociales et celles qui concernent les institutions. Les traités existants devront être remplacés pour permettre le libre déploiement d'autres orientations que celles imposées par la logique libérale aujourd'hui dominante. Car la logique libérale actuelle ne construit pas l'Europe. En mettant les peuples en concurrence, elle suscite au contraire les rejets et les replis nationalistes. L'orientation que nous proposons vise à construire vraiment l'Europe en faisant en sorte qu'elle soit l'affaire des Européens, qu'ils puissent définir ses finalités, et agir sur les mécanismes de sa construction. Dans ces conditions, une démarche de refondation démocratique est nécessaire.


V -2.
En effet, les politiques appliquées doivent traduire une volonté populaire majoritaire exprimée lors d'élections européennes. Avec un exécutif représentant et chargé de mettre en œuvre cette volonté populaire sous le contrôle du parlement européen, dans des domaines clairement définis par rapport aux Etats nations. Les institutions doivent reposer sur une citoyenneté européenne élargie, sur des droits d'initiative citoyenne renforcés, sur un renforcement des pouvoirs du Parlement européen pour réduire les prérogatives de la Commission, et sur une coopération plus solide avec les Parlements nationaux. Les députés européens s'engagent à une obligation d'assiduité et à rendre compte au cours de leur mandat de leurs actions et de leurs votes devant les citoyens de leur circonscription.


V-3.
Sur l'architecture des nouvelles institutions, nous sommes attachés au fait que, pour combiner la double réalité de l'Union et des Etats, il faut s'appuyer sur un double principe :

  • La souveraineté populaire; elle suppose qu'en toute circonstance les citoyens interviennent sur les choix politiques, économiques et sociaux en élisant et contrôlant leurs représentants ou, de plus en plus, par leur participation directe aux procédures d'évaluation, de délibération et de choix.
  • Une redéfinition politique des domaines de souveraineté (ceux qui sont propres à l'Union, ceux qui relèvent de la souveraineté nationale et ceux qui sont partagés) en fonction de nouveaux objectifs du projet européen et de la reconnaissance d'un intérêt général européen. L'Union ne se substitue pas aux Etats, mais joue d'abord un rôle de coordination, d'impulsion et d'harmonisation pour éviter le jeu désastreux de la concurrence, de l'inégalité et de l'impuissance et pour porter les nouvelles politiques dont nous avons dressé les contours.


V- 4.
Nous voulons que cette Europe démocratique dispose de tous les instruments d'intervention nécessaires à l'accomplissement des missions qui relèvent de sa compétence. En particulier, une nouvelle Charte des droits fondamentaux, se substituant à l'actuelle, de convergence par le haut des normes et intégrant la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 (Ce que fait la Cour Européenne des Droits de l'Homme et pas la Cour de Justice de l'UE) sera élaborée démocratiquement et son application sera impérative pour tous les États de l'Union. Le principe de non-régression sociale, la coopération, la solidarité et la définition démocratique des besoins et des droits sociaux doivent, seuls, être des objectifs et des normes supérieures de l'Union. Le Parti de Gauche agira pour obtenir la parité dans toutes les instances de l'Union européenne et à tous les niveaux de responsabilité.


B
PAR QUEL PROCESSUS Y PARVENIR ?


V -5-
Le changement radical d'orientation dont nous sommes porteurs se heurtera inévitablement à la volonté des forces dominantes de poursuivre leur politique au service des multinationales et des marchés financiers. Nous savons qu'elles doivent être portées par des mobilisations capables de modifier le rapport de force. Elles doivent donc constituer des axes et des objectifs de mobilisation. Elles n'ont pas été et ne seront pas prises en charge par les gouvernements libéraux. Elles ne le seront pas non plus par les gouvernements dominés par les sociaux-libéraux. L'intervention des citoyens, des mouvements sociaux, du mouvement altermondialiste, de la gauche antilibérale et anticapitaliste créeront les conditions d'une nouvelle politique répondant aux besoins du plus grand nombre.

Sur la base de ces propositions répondant aux intérêts des peuples, nous devons viser à construire un mouvement populaire européen susceptible de bousculer les résistances prévisibles et d'imposer une autre perspective. Les luttes politiques, syndicales, associatives à l'échelle européenne, le processus du Forum social européen sont des leviers de cette dynamique. Mais cela non plus ne saurait suffire. A l'objectif de rupture avec la construction libérale doit correspondre un processus de refondation démocratique marchant de pair.

 

V-6. Selon les configurations et les rapports de forces que nous saurons créer, cette nécessaire refondation démocratique pourra prendre plusieurs formes : Nouveau Traité Fondateur ou Constitution. Ainsi que plusieurs formes d'élaboration : nouveau traité préparé par les gouvernements et nourri par des propositions du parlement européen et des parlements nationaux ; ou désignation au suffrage universel, après un large débat populaire dans chaque pays, d'une assemblée constituante. Une chose est certaine : un processus constituant, sans lequel aucune souveraineté populaire ne s'imposera à l'échelle européenne, ne pourra pas s'élaborer sans les peuples. Quelle que soit la formule finalement retenue, le résultat des travaux devra donc ensuite être soumis à référendum populaire dans tous les pays de l'Union. Nous savons que l'avenir institutionnel de l'Europe est une question que l'impasse du système actuel mettra de nouveau à l'ordre du jour. Il faut sortir du cadre des traités existants. La gauche tout entière devra y faire face et proposer des solutions concrètes et praticables. Evidemment, nos députés travailleront en lien avec toutes les forces politiques de gauche disponibles en Europe en vue de cet objectif.

 

V-7. Chacune des hypothèses que nous avons avancées nécessite des conditions politiques initiales qui ne sont pas réunies à cette heure. Pour autant, nous les assumons pour désigner un horizon et une méthode : La République et la Souveraineté Populaire dans tous les domaines.

 

V-8. Toute possibilité de mettre en œuvre une politique de transformation dans notre pays et d'agir pour commencer à changer l'Europe est-elle interdite sans la refondation globale préalable des Traités ? Poser ainsi la question risque de déboucher sur deux impasses : d'une part, réclamer cette refondation globale et, en attendant de l'avoir obtenue, se soumettre aux règles en vigueur ; d'autre part, faute d'espérer obtenir une telle refondation à un horizon prévisible, considérer qu'il n'est d'autre issue que de sortir de l'Union Européenne. Dans le premier cas, c'est la politique de transformation sociale dans notre pays qui serait sacrifiée ; dans le second, c'est un message de repli national dangereux qui serait envoyé dans un contexte de crise globale propice aux tensions internationales.

Pour dépasser cette alternative binaire improductive, un gouvernement de gauche digne de ce nom combinera bataille politique pour une refondation globale fondée sur de nouveaux traités et ruptures partielles sur des questions jugées vitales pour la transformation sociale. Le gouvernement britannique a bien décidé de ne pas appliquer certaines directives sociales et a bénéficié de l'accord des autres partenaires pour cela. Un gouvernement de gauche devra mener bataille pour bénéficier de telles « exceptions » et refuser d'appliquer certaines directives libérales en choisissant des thèmes d'affrontement partiel (la mise hors concurrence de ses services publics par exemple) qui prolongent des mobilisations sociales nationales et européennes et qui puissent ainsi bénéficier d'une compréhension et d'un soutien populaire en France et en Europe. Ce serait alors aux autres gouvernements de dire si ces « exceptions françaises » justifient « l'exclusion » de la France. S'agissant d'un des principaux pays membre, on peut penser qu'ils hésiteraient à franchir ce pas et rechercheraient des aménagements comme ils le firent pour la Grande Bretagne...

 


VII
- LE PLAN D'ACTION DU PARTI DE GAUCHE POUR CES ELECTIONS EUROPÉENNES.


VII
- 1 -Le Parti de Gauche prépare une campagne active pour assumer le mandat que nous donne le vote du 29 mai 2005, permettre la montée en puissance et faire connaître le Front de Gauche, débattre de manière approfondie avec les citoyens pour convaincre de la pertinence de nos propositions et de l'utilité du vote en faveur de nos propositions. Pour cela, il faut entrer en campagne au plus tôt. Le Parti de Gauche doit tout à la fois poursuivre sa campagne sur les « réponses à la crise » et engager sa propre campagne « pour une autre Europe ».


VII
- 2 - Le Parti de Gauche prend tous les contacts nécessaires pour la constitution du Front de Gauche le plus large possible à tous les niveaux (du national au local) et pour le faire vivre avec des premières initiatives publiques : meetings, forum sur l'Europe, etc.


VII
- 3- Le Parti de Gauche a engagé rapidement avec ses partenaires les discussions sur la plateforme programmatique commune, la stratégie de campagne, la répartition des candidats dans les différentes circonscriptions entre les différents partis.


VII
- 4 - Le Parti de Gauche accentue sa présence dans les luttes européennes, combat les directives libérales et autres mesures inadaptées, dénonce les manœuvres en cours pour faire adopter le traité de Lisbonne de manière anti-démocratiques. Il se mettra en capacité de réagir publiquement à l'actualité européenne.


VII
- 5 - Avec le Front, des contacts sont pris avec les autres forces dont les élus se retrouvent au sein du groupe GUE/GNV pour envisager des initiatives communes, symboliquement fortes, pour donner corps à notre internationalisme et montrer les convergences possibles avec des forces politiques d'autres pays.


VII
- 6 - Des contacts sont noués avec le mouvement syndical européen, le mouvement altermondialiste  et les réseaux de lutte et de solidarité européens pour échanger sur les convergences et complémentarités de nos actions respectives et illustrer les convergences possibles entre citoyennetés nationales et citoyenneté européenne.


VII
- 7 - Sur fond de crise économique, sociale et peut être politique, nous devons construire avec les forces de gauche politiques, syndicales, associatives une dynamique globale qui mobilise toute la société et motive les citoyens, pour susciter une nouvelle « insurrection civique » de même ampleur. Soyons à la hauteur de ce mouvement populaire  qui commence à naître pour faire de ces élections une échéance historique en France et en Europe.

- Publié dans : Europe
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Mardi 10 février 2009

Avec toutes nos excuses pour le retard... Pour tout vous dire, les compétences informatiques de l'administratrice (celle-là, sur la photo... c'est sur elle qu'il faut râler !  ) étaient à l'époque proches du zéro absolu, et mettre une vidéo sur ce blog relevait alors de l'exploit...! Alors maintenant que j'ai pris quelques cours (on ne se moque pas svp ), je suis en mesure de réaliser cette opération très (peu) compliquée qui consiste à mettre des images animées sur un blog...!


Bon visionnage à vous, et encore toutes nos excuses, particulièrement celles de l'administratrice... qui est une littéraire, alors soyez indulgents s'il-vous-plaît camarades ! A très bientôt !


vidéo récupérée par Thibaut (merci camarade) sur le site d'Images Plus (www.imagesplus.org) télé locale d'Epinal et bientôt de toutes les Vosges (peut-être, si la technologie veut bien...).  



 

- Publié dans : Parti de Gauche Vosges
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Mardi 10 février 2009

Une vidéo du meeting du front de gauche à Frontignan le 5 février 2009






Discours de Jean-Luc Mélenchon à Frontignan, 5 février 2009





(vidéos en provenance de Dailymotion)




- Publié dans : Initiatives à Gauche
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Mardi 10 février 2009

C'est du jamais vu ! Après avoir réussi le pari de mettre deux millions et demi de personnes dans la rue le 29 janvier dernier, Sarkozy a également réussi à fédérer l'ensemble de la communauté universitaire (enseignants-chercheurs, enseignants, chercheurs, BIATOS, étudiants), contre ses réformes de casse du service public d'enseignement supérieur.

 

Ne nous y trompons pas ! Il y a une grande cohérence entre les attaques portées aux statuts des enseignants-chercheurs et le processus de «masterisation» de la formation et du recrutement des enseignants des 1er et 2nd degré largement rejeté à raison par la communauté universitaire.


En instaurant, par la modification du décret de 1984, la « modulation de service » des Enseignants Chercheurs, l'enseignement deviendrait une variable d'ajustement budgétaire au détriment de la qualité de la formation des étudiants et de la recherche.


En démantelant le CNRS et les organismes de recherche, en supprimant encore un millier de postes en 2009, en dénaturant le travail des chercheurs, le gouvernement poursuit la mise en concurrence des individus, mais aussi celle des universités entre elles. Tout cela au bénéfice d'intérêts privés de court terme qui cherchent à générer du profit plutôt que de répondre à l'intérêt général.


En sapant les bases des concours pour devenir enseignant et en supprimant les IUFM, le gouvernement substitue à la qualification des futurs professeurs de simples compétences qui visent à les  précariser.  Si l'on ajoute à cela la réforme du lycée que Sarkozy entend mettre en place en 2010, on voit déjà se profiler, après celle des universités, l'autonomie des établissements du second degré et la fin d'une éducation nationale comme des diplômes nationaux.


S'il arrivait à ses fins, le bon élève Sarkozy recevrait sans nul doute pour cela les félicitations de ses collègues signataires du traité de Lisbonne qui veulent libéraliser et ouvrir à la concurrence l'éducation en commençant par l'enseignement supérieur !


Parce que ce n'est pas là une réforme de plus, parce qu'il n'est pas simplement question d'un décret d'application ou des modalités de passation d'un concours, parce qu'il en va de l'avenir de l'université mais aussi plus largement du devenir de notre système éducatif tout entier, le Parti de Gauche sera présent le 10 février aux côtés de la mobilisation des enseignants-chercheurs et des étudiants. Dès à présent, le Parti de Gauche s'engage, s'il arrive au pouvoir, à abroger toutes les réformes qui visent à démanteler l'Université, l'Enseignement et la recherche publics, au premier rang desquelles la loi LRU, mère porteuse de nombre des contre-réformes actuelles. 

 
François Cocq, secrétaire national du PG à l'éducation

- Publié dans : Education
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Mardi 10 février 2009


Nous l'avons déjà dit : le Parti de Gauche est disponible pour débattre sans préalable des conditions que le NPA souhaiterait poser à sa participation au Front de Gauche pour les européennes. Car nous sommes des partisans acharnés du dialogue argumenté. C'est l'unique moyen de rassembler l'autre gauche. Mais c'est surtout la seule méthode qui éclaire le débat public en permettant aux électeurs d'agir en citoyens, c'est-à-dire comme des personnes libres capables de distinguer l'intérêt général par l'exercice de leur raison.

 

Bien sûr il s'agit d'un dialogue et donc d'un débat. Des options différentes existent au sein de l'autre gauche. Aucune de ses composantes n'accepterait de se renier. Nous devons donc échanger des arguments, pas des ultimatums. L'objectif ne peut être de piéger ou forcer la main, mais de construire du consentement par une discussion qui dégage les points d'accord, éclaire les désaccords et les mette à leur place. Si nous voulons dialoguer avec le NPA, c'est donc -si possible- pour aboutir et -au minimum- pour avancer dans la compréhension des positions de chacun.

Est-ce la volonté de tous les dirigeants du NPA ? Les débats de leur Congrès font craindre le contraire. Ce n'est pas là un procès d'intention ni l'impression retirée de la lecture du journal. Ce sentiment naît de l'examen précis des textes et interventions qui peuvent être consultés sur les sites du NPA et de la LCR par tout militant soucieux de comprendre la réalité plutôt que reproduire l'image déformée qui en est construite par les médias.


La position défendant des discussions immédiates pour le Front de Gauche a été rejetée. Y a été préférée le mot d'ordre d'une « unité des anticapitalistes » fondée sur une série de conditions. Certaines d'entre elles ont déjà été évoquées publiquement, comme un accord sur les régionales. D'autres font leur apparition, comme la sortie du nucléaire. Conditionner les européennes à un accord sur les régionales dont on ne connaît ni la date ni le mode de scrutin ne facilite pas les choses. Vouloir traiter en quelques jours la question du nucléaire non plus. Au point qu'on peut se demander si ces conditions ne sont pas pour certains des prétextes pour s'assurer par avance d'un échec.


Ainsi, le représentant de la majorité du NPA, Samuel Joshua, introduit le débat sur les élections européennes en soulignant que « nous savons tous par exemple que sur la question du nucléaire, il y a un gros point de désaccord avec le PCF ». Le lendemain, la sortie du nucléaire fait son apparition parmi les conditions posées au Front de Gauche... Le même déclare : « sur la question de la relation à la liberté de circulation des immigrés en Europe, il y a peut-être, peut-être parce qu'ils ont repoussé cette décision à leur prochain Congrès, un gros point de divergence sinon avec le PG, du moins avec des constituants explicites de ce parti que nous considérons comme étant des chauvins. » Le voilà qui invente un désaccord à venir, même pas avec le PG mais avec des camarades non nommés mais disqualifiés par l'injure ! Imaginez ce que donnerait cette méthode de discussion si nous l'appliquions au NPA, par exemple en présupposant un désaccord sur la question du terrorisme à partir des positions de « certains » de ses éléments. Non, jamais nous ne règlerons nos relations sur ce mode car nous savons que ce sectarisme à front de bœuf n'a d'autre fonction que d'interdire le débat argumenté.


Le NPA peut avoir des raisons plus sérieuses de ne pas vouloir participer au Front de Gauche. Non pas comme le répète paresseusement la presse l'égoïsme d'une organisation qui a pris le melon avec le succès médiatique de son porte parole. Ces raisons ne sont pas personnelles et mesquines, elles sont politiques et respectables. Alain Krivine en a exposé plusieurs en ouvrant le Congrès de la LCR. « Quand des camarades nous disent nous sommes anticapitalistes, nous sommes même pour la révolution mais nous sommes pour la révolution par les élections, nous leur disons on peut faire un bout de chemin ensemble, ça c'est certain, mais on fera pas malheureusement, là où vous en êtes aujourd'hui, la révolution avec vous. Parce que la révolution par les élections, on a jamais vu ça. Jusqu'à présent, par définition (...) les élections sont dirigées pas par nous mais par nos adversaires. Les lois électorales, les bourrages de crâne, l'éducation, l'idéologie fait qu'en général les capitalistes se débrouillent pour gagner les élections et ne jamais laisser les révolutionnaires gagner les élections. »


Ce point de vue n'est pas le nôtre. Pour nous il n'existe pas d'autre voie que de convaincre une majorité, contre l'idéologie dominante bien sûr, et c'est pourquoi le Parti de Gauche se définit comme un parti d'éducation populaire. Penser que la révolution ne peut être que l'œuvre d'une minorité ouvre à nos yeux la voie à toutes les dérives. Ayons donc cette discussion sérieuse. Mais n'oublions pas qu'il s'agit surtout de débattre des européennes. Et demandons au NPA si leur rejet du changement par les urnes doit les conduire à refuser toute amélioration du rapport de forces politique sur le terrain électoral dans un moment où notre peuple en a tant besoin.

(merci au M'PEP 34 pour la photo du meeting de Frontignan, voir leur site http://mpep34.midiblogs.com/)

- Publié dans : Rencontres à Gauche avec...
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